Liberté religieuse : Madagascar avance avec 283 groupes religieux officiellement enregistrés

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283 groupes religieux ont été officiellement enregistrés par le ministère de l’Intérieur malagasy, au mois d’octobre dernier, selon le rapport international 2016 sur la liberté religieuse à Madagascar.

 283 groupes religieux enregistrés en 2016

Un chiffre considérable. 283 groupes religieux ont été enregistrés par le ministère de l’Intérieur, en octobre 2016, selon le rapport international sur la liberté religieuse à Madagascar. Un chiffre considérable, si l’on établit que chacun de ces groupes dénombre plus de 100 individus, et est constitué d’un conseil d’administration comptant neuf membres nationaux, comme l’exige la loi. En effet, « pour être admissible à l’enregistrement, un groupe doit avoir au moins 100 membres et un conseil d’administration élu ayant neuf membres tout au plus et qui doivent tous être des nationaux. Les groupes ne répondant pas ces conditions d’inscription peuvent se faire enregistrer plutôt comme «de simples associations», apprend-on du rapport international. « En se faisant enregistrer, un groupe religieux reçoit le statut juridique nécessaire pour recevoir des legs et autres dons directs. Une fois enregistré, le groupe peut demander une exemption de taxe à chaque fois qu’ils reçoivent un don de l’étranger ». On sait également que les groupes religieux enregistrés ont le droit d’acquérir des terres auprès des particuliers afin de construire des lieux de culte. Malgré une certaine rigidité de la part de l’Etat, force est de constater que la liberté religieuse est en expansion dans la Grande île.

Une discrimination sociale basée sur la nationalité

Les catholiques font partie des groupes religieux importants à Madagascar. © Tiasy

La Constitution malagasy prévoit la liberté de la pensée religieuse et d’expression et interdit la discrimination religieuse. Des lois protègent également la liberté religieuse individuelle contre les abus par le gouvernement ou des acteurs privés. Toutefois, la liberté de religion n’existe pas toujours, notamment à cause des anciennes lois sur la nationalité. « Selon une étude menée par l’ONG Focus Development et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCNUR), de nombreux Musulmans nés au pays n’ont pas pu obtenir des documents pour la citoyenneté à cause des lois sur la nationalité qui limitent la capacité des femmes Malagasy à transmettre la citoyenneté à leurs enfants si le père n’est pas citoyen. Le Ministère de l’Intérieur (MdI) a déporté 10 Imams Pakistanais qui ont dépassé la date d’expiration de leur visa. Ils ont dirigé une mosquée ainsi qu’une école coranique, ce qu’ils ne sont pas autorisés à faire avec un visa touriste », apprend-on du rapport de l’ambassade américaine. « Des membres de la communauté juive de petite taille et nouvellement convertie ainsi que la communauté musulmane ont indiqué que l’accès à des écoles privées leur a été refusé à cause de leur affiliation religieuse. Des membres de la communauté juive ont également signalé ils ont fait l’objet d’une attention malveillante à cause de leurs habits, qui comprennent des couvres-tête pour les femmes ». Ce ne sont que des exemples de discrimination sociale effectuée envers les Musulmans, principales cibles de cette ségrégation. Touefois, d’autres groupes religieux, comme le FJKM ou Fiangonan’i Jesoa Kristy Eto Madagasikara (1), ont été victimes de persécution par la société et les acteurs gouvernementaux. Face à cela, des discussions entre les membres de la société civile et le Gouvernement ont eu lieu dernièrement.

Croyants indigènes

Selon les derniers chiffres officiels, sur un nombre d’habitants estimés à 24,4 millions en 2016, 52% des malagasy adhèrent à des croyances indigènes, 41% au Christianisme et 7% sont des Musulmans, notamment des Sunnites. Toutefois, on hésite sur le dernier pourcentage car l’on sait que de plus en plus de malagasy se sont convertis à l’Islam, notamment ceux des zones côtières du nord-ouest, tandis que les Chrétiens dominent plutôt les Hautes-Terres. Les quatre principaux groupes Chrétiens dans la Grande île sont les Catholiques, les Luthériens, les Anglicans et les FJKM qui composent le Conseil œcuménique des églises chrétiennes de Madagascar ou FFKM.  De plus petits groupes comprennent l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours (Mormons), les Témoins de Jéhovah, les Adventistes du Septième Jour, et d’autres dénominations évangéliques locales. En sus, beaucoup de gens détiennent une combinaison de croyances indigènes et Chrétiennes ou musulmanes. Un petit nombre d’hindous et juifs existent également à travers le pays.

 

 (1) FJKM : « Fiangonan’i Jesoa Kristy Eto Madagasikara » ou « Église de Jésus-Christ à Madagascar »

 

 

 

 

 

 

 

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