A Madagascar, la gabegie des taximen et des chauffeurs de bus

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Taxis, bus et taxi-brousses sont les seuls moyens de transport en commun des malagasy dans la Grande île, en général. Le train a disparu peu après la colonisation après 1960. L’avion, c’est un cas à part. C’est ainsi que les transporteurs font régner la gabegie dans l’île, notamment dans la capitale.

Taximen et chauffeurs de bus, des partisans de la gabegie

Ils représentent environ plus de 75% des voitures qui circulent dans les grandes villes de Madagascar. « Ils », ce sont les taxis et les bus qui servent de transport en commun aux malagasy. Ils font régner la loi de la gabégie, qu’on appelle communément le « gaboraraka », surtout à Antananarivo. Ils sont responsables de la majorité des accidents. Et ils sont contre tout changement positif que toute entité publique ou privée voudra apporter pour améliore le secteur transport dans la Grande île, tout simplement parce qu’ils craignent leur chute face à une meilleure qualité de service.

Des milliers de chauffeurs – ou chauffards – qui font la grève dès qu’on leur impose la moindre petite mesure pour améliorer la situation. Chauffeur Rakoto se plaint que des taxis clandestins existent, mais Monsieur Rakoto refuse de régulariser ses papiers parce que ça prend du temps et de l’argent. Rakoto pense que c’est pas si mal, les taxis clandestins. De son côté, des chauffeurs de bus se plaignent de la mauvaise qualité des routes, du manque de « collaboration » des voyageurs face aux mauvaises conditions qu’on leur impose dans les transports en commun, et se moquent de leurs collègues qui font des accidents

– « Heureusement que ce n’était pas moi! », pensent certains – mais ils ne feront jamais rien pour améliorer leurs services. Bref, « vaut mieux que les accidents continuent d’avoir lieu parce que franchement, devoir faire une contre-visite tous les six mois, ce n’est pas possible! », pensent la plupart des taximen et chauffeurs de bus. Triste réalité. La gabegie est irréversible à Madagascar, et ceux qui imposent des mesures se feront vite couper la tête. C’est le cas de la Commune urbaine qui a récemment décidé d’imposer une contre-visite aux taxis tous les quatre mois. Mardi 19 septembre dernier, les taximen d’Antananarivo ont fait la grève pour « manifester leur mécontentement », et surtout manifester combien ils refusent toute discipline dans cette ville. Nous sommes loin du développement.

Les taxis-ville d’Antananarivo ont fait la grève pour contester la nouvelle mesure de contre-visite imposée par la Commune, en collaboration avec l’entreprise Omavet.
©Cua serasera

Les simples usagers et voyageurs éternels victimes

Et tandis que nos chers amis taximen, chauffeurs de bus et n’oublions pas, receveurs, font régner le « gaboraraka » et inculquent cette vision à nos enfants, nous souffrons atrocement de tout cela mais osons à peine nous plaindre. Comme mon cas, je refuse de conduire une voiture dans les rues de cette Ville des mille tout simplement parce que je klaxonne à chaque coin de rue, mais finalement c’est moi-même qui me fait du mal car les chauffards n’en ont rien à cirer.

D’autre part, les voyageurs des taxis et bus doivent subir toute sorte de traitement: saleté, odeur nauséabonde dans les bus, des volailles, matelas et ivrognes pour compagnons de route, les pannes de voiture où ils vous proposent le service « bluetooth » (transfert d’un bus à un autre), le « mijoro amin’ny lalantsara »(1) et le « seza rivotra »(2), la musique qui vous casse les oreilles, et les insultes, dans le pire des cas… Et malgré tout ce désordre infernal, le Gouvernement doit céder car les transporteurs menacent de cesser toute activité, ce qui pourrait mener à une crise sociale déjà plus ou moins couvée. La situation semble sans issue.

(1) »mijoro amin’ny lalantsara »: tous les passagers du bus assis sur les strapontins doivent se lever pour laisser place à de nouveaux passagers, qui eux aussi devront se lever
(2) »seza rivotra »: les passagers doivent faire semblant de s’asseoir quand on aperçoit un policier de l’autre côté de la rue, ou le véhicule pourrait être arrêté et le chauffeur se verra retirer sans permis pour voir transporté des personnes debout

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5 commentaires sur “A Madagascar, la gabegie des taximen et des chauffeurs de bus

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