Mon combat pour la reconnaissance du webjournalisme à Madagascar

webjournalisme

Sharing is caring!

Dans mon pays, le webjournalisme est encore loin d’être reconnu. Aujourd’hui, après deux ans d’expérience dans le journalisme, je travaille dans le domaine de la presse en ligne. Mais cela est un véritable parcours du combattant.

Le webjournalisme non reconnu à Madagascar

L’horizon est sombre pour les blogueurs de mon espèce. Un orage semble s’annoncer. Les institutions, tout comme les sociétés privées et autres entités, ont tout simplement du mal à cerner ce qu’est le webjournalisme et le blogging, dans la Grande île. Les blogueurs sont rapidement rayés du carnet d’adresses de ces grandes personnalités qui font tourner cette Grande île… Blogging, webjournalisme. J’ai toujours été fascinée par ces mots. A 12 ans, j’avais créé mon petit blog sur Skyrock. Je ne me souviens même plus du mot de passe aujourd’hui. A l’époque, c’était un petit blog personnel sur le manga et le rock. Actuellement, je reviens vers cette passion, après deux ans d’expérience dans le journalisme. J’envie les grands pays où le webjournalisme est reconnue comme une discipline professionnelle. Lors d’une mission à l’étranger, j’ai pu mesurer à quel point le webjournalisme et le blogging sont incontournables dans le monde de la communication et de l’information. Dans ces pays où le développement numérique est déjà à un

Briser les règles à Madagascar photo
« Il faut briser les règles ».

stade plus qu’avancé, le journalisme 2.0 et le journalisme traditionnel se marient parfaitement. Les journalistes de la presse en ligne sont alignés au même rang que les journalistes de la télévision, de la radio et de la presse écrite. Et d’ailleurs, les journalistes de la presse en ligne constituent la majorité de la communauté médiatique. WordPress, SEO et autres outils sont pour ces individus de la technologie un outil aussi commun que le micro et le dictaphone. Les caméras ont été remplacés par le téléphone et le Facebook Live est devenu une alternative à la transmission en direct. Malheureusement, dans mon pays, le webjournalisme est encore loin d’être reconnu. Le nouveau Code de la communication adopté en 2016 n’a pas reconnu les journalistes 2.0 et les blogueurs, même si des représentants de ce monde digital ont été présents à la consultation publique, comme l’a témoigné un ami blogueur qui a choisi de garder l’anonymat. D’ailleurs, à Madagascar, les journalistes de la presse en ligne n’ont pas le droit d’assister aux conférences de presse et autres évènements médiatiques. Ils constituent une entité à part et un mur s’est dressé entre le webjournalisme et le journalisme traditionnel. Chose bien triste, car les médias « new school » et les médias « old school » sont censés être complémentaires. Après cinq mois à écrire et à insister sur certains problèmes majeurs dans le pays – en restant discrète car seul Facebook permettait mon contact avec le public – j’ai finalement décidé de sortir de mon cocon pour aller confronter ce journalisme virtuel à un journalisme plus réel.

La voie de la reconnaissance

Me présenter comme blogueuse pour diffuser une information à une conférence de presse demeure est toujours difficile. La plupart des blogueurs malagasy se cachent et opèrent vraiment dans l’anonymat. Ils utilisent des pseudonymes, créent des comptes aux noms inconnus sur les réseaux sociaux, et ces individus sont parfois les plus inimaginables : opératrice de saisie, entrepreneur, politicien… Cela semble improbable de voir ces individus sur terrain en plein « bain de journalistes ». Toutefois, cela ne représente pas forcément une fatalité. C’est ainsi que, petit-à-petit, grâce à des travails sur terrain où il m’a fallu un grand travail de « réseautage », une voie s’est ouverte pour permettre que la presse en ligne fasse partie de la grande famille des médias. Mais ce n’est pas encore gagné.

Vers une révolution digitale ?

Jusqu’à présent, le combat continue. Le blogging à Madagascar demeure encore très difficile car la législation ne permet pas encore son exercice total. L’Ordre des journalistes (OJM) malagasy est encore vague sur le sujet. Quant à la question du numérique à Madagascar, le volet connexion est également un sujet à traiter à part – j’en avais déjà parlé dans un billet. Je peux cependant dire qu’évolution il y a dans le secteur du webjournalisme. Actuellement, avec l’expansion des réseaux sociaux, les petits blogueurs sur Facebook et Twitter sont de plus en plus nombreux. De même, les blogs et sites web se multiplient. Ceux-ci sont la plupart à ligne éditoriale politique : contre le régime. Cela, les politiciens commencent à le comprendre et, en vue de l’élection présidentielle de 2018, ils ont adopté une nouvelle stratégie de communication. Actuellement, les journalistes en ligne sont de plus en plus conviés aux évènements médiatiques, qu’ils soient institutionnels ou privés. Vers une révolution digitale et numérique?

 

 

 

 

Sharing is caring!

4 commentaires sur “Mon combat pour la reconnaissance du webjournalisme à Madagascar

  1. Avoir déjà ton petit premier média en ligne à l’âge de douze ans seulement, rien ne peut mettre en doute ta passion pour le numérique. En tout cas, la route n’est pas facile. Bon combat et surtout bonne continuation.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *