A Madagascar, de jeunes africaines invitent les femmes à se rebeller

femmes

Sharing is caring!

Sept jeunes femmes africaines, malagasy, ont tenu une conférence à l’American Center Tanjombato, vendredi dernier.  Leur conseil commun: « Vivez votre passion jusqu’au bout, et n’acceptez aucune injustice! »

Sept jeunes femmes malagasy prennent la parole pour une rébellion positive 


femmes
Larissa, Christina, Claudia, Tiasy (moi-même), Josie, Antsa et Monica, étions les sept femmes de l’évènement « African Women Making History », à l’American Center Tanjombato.  cc: Antsa

Se rebeller n’est pas toujours mauvais. Non. Ce qui est négatif, c’est la connotation que l’on y a mis pour que toute personne tentant de se rebeller culpabilise, se sente mal dans sa peau et perde de vue son objectif. Une rébellion peut être positive, car elle peut être faite pour la bonne cause, et l’Histoire l’a prouvé plus d’une fois ! Sur les pas des grandes femmes noires de l’Histoire, sept jeunes femmes malagasy ont ainsi décidé de créer l’événement « African Women Making History » ou « Femmes africaines écrivant l’Histoire« .  L’événement s’est déroulé sous la forme d’une conférence-débat, il a eu lieu vendredi dernier à l’American Center Tanjombato, sept jeunes femmes ont fait des discours et des « motivational talks » sur des thèmes communs, qui touchent tous à la liberté d’être soi : la passion, l’inspiration, le but d’une vie ; mais aussi : le rejet et le manque de soutien de la part de certains de leurs aînés et de leurs proches face à leurs envies et leurs motivations.

« Mes parents n’ont jamais apprécié que je sois passionnée de sciences. Très conservateurs, ils me voyaient mal dans une blouse blanche dans un laboratoire, me disant que ça ne rapportait pas à Mada. Mais j’étais décidée à poursuivre mes études supérieures en mathématiques, malgré tout« , a témoigné Larissa.

De même, après avoir été persécutée maintes fois depuis son enfance par ses parents et ses proches à cause de ses cheveux frisés et qui refusaient tout coup de peigne, Antsa a décidé de s’assumer en tant que « curly hair » et de ne plus s’obliger à lisser ses cheveux.

« Quand tu t’assumes, tu commences à t’apprécier toi-même et à identifier tes potentiels », a-t-elle affirmé.

Ces petites persécutions du quotidien tournant autour de sujets tels que la filière choisie pour les études ou l’aspect physique (comme la nature des cheveux par exemple) sont à prendre au sérieux, car elles peuvent plus tard dériver en un vrai mal être et en de grandes injustices.

femmes
Les jeunes femmes africaines étaient à l’honneur, vendredi, à l’American Center.
cc: Christina

 

Sensibilisation des jeunes et des femmes

Plus grave encore, chaque jour des milliers de femmes sont victimes de harcèlement sexuel, de viol, ou sont battues par leurs maris… Face à ces persécutions, Mónica, Mónica, Claudia, Christina, Antsa, Larissa, Josie, et moi-même, Tiasy, nous souhaitons parler sensibiliser la société à ces phénomènes et pour les combattre. Il s’agit surtout d’une sensibilisation pour les jeunes, et notamment pour les jeunes femmes malagasy, trop souvent maltraitées et minimisées au sein de la société. Dès leur enfance, l’entourage pose sur les jeunes filles des stéréotypes : la bonne fille « posey »(1) qui se mariera et deviendra femme au foyer, ou tout au moins qui exercera une profession stable, avec une vie sédentaire. Mais les femmes ne servent pas qu’à enfanter et faire le ménage ! Elles ne méritent pas d’être moins rémunérées que les hommes au travail. De même pourquoi accepte-t-on que les femmes soient battues voire violées ?

Nous, représentantes de la gente féminine, nous réclamons une meilleure considération de la part de la société et de nos aînés envers les femmes et les jeunes, entrepreneur(e)s ou pas, africaines ou pas. Les femmes, comme les hommes, peuvent faire de grandes choses et mener de grands combats, il est temps que la société accepte cette idée ! Toute femme est destinée à un grand avenir, à moins qu’on ne la décourage à croire en elle…  Les femmes et les jeunes aussi peuvent être passionnées et devenir un atout pour le développement d’un pays. C’est le thème qu’a abordé Book News dans un article sur le même sujet, et c’est aussi un sujet qui a été abordé par de nombreux entrepreneurs durant la Semaine mondiale de l’entrepreneuriat, la semaine dernière. En toute logique, l’événement « African Women Making History » a coïncidé avec la fermeture de cette semaine mondiale.

femmes
Les femmes sont l’incarnation de la vie, la source de la création.
cc: Pixabay

De nombreux jeunes et femmes dans d’autres continents (autres que l’Afrique) font également face au manque de soutien, au manque de considération, à la discrimination, au racisme, à l’oppression, à la violence et bien d’autres injustices encore… Il est temps de se rebeller, de hausser le ton pour se faire entendre et de réclamer des droits, comme l’ont fait les grandes femmes de l’Histoire: Oprah Winfrey, Marie Curie, JoanneRowling…  Qu’on ne le veuille ou non, les femmes  représentent la moitié de l’humanité et elle sont indispensables à la vie humaine. Comme l’a dit Pierre Reverdy, “pour les femmes, le meilleur argument que l’on puisse invoquer en leur faveur, c’est qu’on ne peut s’en passer.

 

(1) »posey »: terme signifiant calme, tranquille, serein

Sharing is caring!

5 commentaires sur “A Madagascar, de jeunes africaines invitent les femmes à se rebeller

  1. « Les hommes se sont considérés comme supérieurs aux femmes parce qu’ils les ont traitées comme de simples corps, comme des ustensiles pour pouvoir eux-mêmes se reproduire. » Françoise Héritier

  2. Être victime de harcèlement sexuel, de viol, ou être battues par leurs maris est un combat qui doit se mener au quotidien.
    Sacrée initiative ! Il faut que des femmes élèvent la voix sinon encore plus de femmes seront traitées comme des moutons à l’abattage.

    1. Oui. Justement. Ça a trop duré. Nous sommes dans une société où le respect doit être mutuel, entre femmes et hommes. Et non, nous ne sommes pas que des ustensiles! Hihi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *