A la rencontre de Fary, le faiseur de jus de canne-à-sucre

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Du jus de canne-à-sucre, on peut en trouver à tous les coins de rue à Madagascar, notamment à Antananarivo, la capitale. J’ai goûté à ce délice pour la première fois de ma vie chez Fary, un faiseur de jus de canne-à-sucre qui vend sur la zone Est de la ville. Petite séance de dégustation à laquelle j’ajoute une séance d’interview !

Le jus de canne-à-sucre de Fary

« Fary ». En malagasy cela signifie « canne-à-sucre ». C’est également la dénomination dont a hérité ce jeune homme faiseur de canne-à-sucre. Son petit stand se trouve au terminus d’un bus, dans un quartier appelé « Mausolée », à l’Est d’Antananarivo. A Madagascar, on a l’habitude d’appeler les gens, notamment les vendeurs, par le nom du produit qu’ils vendent. Par exemple, « Mofo »(1) pour le vendeur de pain, « Ronono »(2) pour le vendeur de lait…

Fary fait du jus de canne-à-sucre et vend à Mausolée depuis cinq ans maintenant. Simple et modeste, ce jeune homme est consciencieux et serviable. En nous voyant arriver, mes amis et moi, il nous a accueillis avec un grand sourire. Cela me change de ces hôteliers et restaurateurs malagasy qui affichent un air aigri alors que vous leur demandez le menu…

« Bonjour ! Vous désirez ? », lança-t-il avec entrain.

Je ne suis pas très « jus-de-canne-à-sucre-bord-de-la-route », question d’hygiène et de propreté… mais j’avais trop soif ! En plus, mon ami m’avait recommandé le jus de « fary » de Fary, car il est vraiment très bon. J’ai donc décidé d’y goûter, et ce que je bus ne me déçut pas !

De plus, Fary était très accueillant, très ouvert, et la machine ainsi que la façon dont il l’utilisait pour l’obtention de ce juteux breuvage, me fascinaient.

Après trente secondes de pression, voici le jus de canne-à-sucre, prêt à être consommé !

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Fary, le faiseur de jus de canne-à-sucre.
cc: Tiasy

 

Faiseur de canne-à-sucre, un travail difficile

Fary travaille sept jours sur sept et plus de huit heures par jour. Il ne s’arrête que quand sa machine l’y oblige, question d’entretien.

La machine pour faire du jus de canne-à-sucre est importée d’Allemagne ou d’Inde, elle est vendue dans la Grande île 1 million d’Ariary, soit environ le triple du salaire moyen mensuel à Madagascar. Les faiseurs de jus de canne-à-sucre reçoivent heureusement une remise de 10%, comme l’explique Fary.

Cet investissement est amorti en quatre à cinq mois, « raha tena miafy be! »(3), comme le souligne Fary.

Le jeune homme gagne 50 000 Ariary à 60 000 Ariary par jour –  entre 10 et 17 Euros. Il vend son jus à 500 Ariary – 0,14 Euro- contre 300 ou 400 Ariary en centre-ville. Il justifie son prix par la très bonne qualité de son produit.

« Mon canne-à-sucre provient d’Ambohimanambola(4). J’en prends presque chaque jour de bon matin. Le « fary » est conservable, mais rien de mieux que du « fary » frais pour un bon produit », rapporte-t-il.

La canne-à-sucre possède de nombreuses vertus : elle contribue à la purification du sang, elle donne de l’énergie, elle stabilise la tension et, même si elle est sucrée, son sucre naturel permet de soigner le diabète ! Eh oui, c’est Fary qui m’a appris tout ça !

 

(1)    « Mofo » : mot malagasy pour désigner le pain
(2)    « Ronono » : mot malagasy pour désigner le lait
(3)    « raha tena miafy be ! » : expression malagasy qui signifie littéralement « si tu fais vraiment beaucoup de sacrifices ! »
(4)    Ambohimanambola : quartier au Sud-Est d’Antananarivo

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